Lors d’un précédent post (typologie des douleurs), j’avais préconisé un arrêt lorsque la douleur survient. Mais lors d’une séance d’entrainement ou d’une course, la douleur est inévitable. La souffrance et les sports d’endurance vont de pair, nous ne pouvons progresser sans douleur. Pour certaines personnes la course à pied est un sport de souffrance, elles passent plus de temps à souffrir qu’à prendre du plaisir.
Nous nous trouvons donc devant un dilemme, dois-je m’arrêter lorsque j’ai mal ou bien dois-je me pousser encore pour me renforcer, pour progresser ?
La réponse à cette question dépend de beaucoup de facteurs qui peuvent être :
- le type de douleur, toutes les douleurs ne sont pas bonnes à surmonter
- la tolérance à la douleur
- la connaissance de son corps
- le contexte, le but qu’on s’est donné
Le type de douleur
Nous pouvons distinguer les douleurs en deux catégories :
- les douleurs de performance,
- les douleurs de blessure.
Les douleurs de performance ne durent que le temps de l’effort. Elles sont contrôlées, nous pouvons les augmenter ou les réduire à souhait. Dans notre typologie, elles appartiennent aux douleurs du système cardio-vasculaire liées à l’effort et musculaires bénignes (la fatigue, courbature). Ces douleurs peuvent être des sources de satisfaction et de motivation pour aller plus vite, plus loin la prochaine fois. Repousser le seuil de ces douleurs nous fait progresser. Le poumon et les jambes qui nous brûlent permettent de nous renforcer.
Par contre les douleurs de blessures durent au-delà de la séance, elles sont intenses et nous handicapent lors de l’effort et de la vie quotidienne. Ce sont les douleurs de types musculaires graves (élongation, déchirure), tendineuses, osseuses et articulaires. Elles peuvent engendrer une démotivation, des pensées négatives comme le découragement, l’anxiété ou encore de la frustration.
La tolérance à la douleur
Chacun de nous possède son propre échelle de douleur face à une même situation, il ne faut pas suivre les autres dans la douleur. Il faut être à l’écoute de son corps. La douleur est toujours une alerte du corps pour nous prévenir que nous sommes dans une situation anormale, c’est une sensation personnelle.
Même si mentalement nous sommes forts, certaines douleurs sont insurmontables.
La connaissance de son corps
Avec l’expérience, l’analyse du type de douleur est facilitée. Vous saurez mieux interpréter la douleur, prévoir son impact et la supporter. Lorsque nous débutons, il faut aller progressivement dans le support de la douleur. Au fur et mesure des entraînements, vous pourrez décider de supporter ou non les douleurs de performance afin de progresser et atteindre votre objectif.
Le contexte
La douleur doit être également analysée selon le contexte ou le but. Pourquoi devons-nous endurer la souffrance ? Est-ce que cela est vraiment important ? Quels seront les conséquences de mes blessures ? Mieux vaut-il endurer la souffrance maintenant pour atteindre son objectif ou ne pas le faire afin de mieux réussir la prochaine fois ? Est-ce que je suis à la recherche de la performance ou je suis à la recherche du plaisir de courir ?
Est-ce qu’il faut atteindre absolument la ligne d’arrivée quoi qu’il arrive ?
D’une manière générale il faut absolument éviter les douleurs de blessures lors des séances d’entraînement. Seules les douleurs de performance valent la peine d’être endurées.
La difficulté est d’être lucide et de s’arrêter à temps lorsqu’une douleur de blessure survient.
Par exemple dans le cas de notre défi avec Aide et Action. C’est un défi personnel et un défi solidaire, l’objectif est d’aider l’équipe à récolter 25 000€, à promouvoir et à porter haut les couleurs d’Aide et Action tout en terminant la course. Nous abordons ce défi dans un contexte convivial, festif et non de performance. Nous pouvons pratiquer la course à pied en éprouvant plus de plaisir que de souffrance.
Plus vous mettez de temps mieux c’est. On vous verra avec le t-shirt d’Aide et Action plus longtemps sur la course. (Mais chut ! Ca reste entre nous, ce n’est pas trop l’esprit compétitif du sport).
Après avoir analysé la douleur en fonction de différents critères, si vous vous voulez connaître les méthodes pour les surmonter rendez-vous au prochain article.



pourquoi pas:)