"De passage à Phnom Penh, nous avons été reçus au siège de la fondation Krousar Thmey le 15 janvier 2007 au matin et accompagnés par 3 personnes, nous avons visité un centre d’enfants sourds et un centre d’enfants aveugles (école de Chba Ampeou). Sovithiea Kuch et le responsable du parrainage, jeunes salariés de l’association nous exposent le travail et les projets de Krousar Thmey avec conviction, sérieux et enthousiasme. J’étais sensibilisée aux difficultés rencontrées par les enfants sourds en tant qu’orthophoniste ayant travaillé avec de jeunes sourds entre 15 mois et 7 ans, mais je n’avais jamais réalisé la somme de travail et le temps nécessaire pour adapter la langue des signes américaine à la langue Khmère puisque seulement 30 % des signes américains sont utilisables.
| Crédit photo : AEA Asie du Sud Est |
Un comité de la langue des signes s’est créé dans cette école en collaboration avec des adultes sourds et avec la possibilité d’expérimenter et d’appliquer sur place. Maintenant certains sourds deviennent à leur tour formateurs dans le centre spécialisé et travaillent en binôme avec l’enseignant entendant. Dès que le niveau atteint le permet, les enfants sont intégrés dans les écoles du quartier en demi journée. Les enseignants qui les accueillent bénéficient de temps de formation pour les aider et les guider.
Un autre point m’a fort intéressée : c’est la volonté de donner de l’importance à la sensibilisation des familles et de l’entourage pour leur permettre de mieux comprendre et de communiquer avec la personne sourde. C’est un projet indispensable et de longue haleine. Jusqu’à ce jour, l’Etat ne s’est pas engagé pour la prise en charge et l’éducation des enfants sourds et aveugles. Krousar Thmey se préoccupe d’informer la société et les responsables politiques, en se servant d’articles, d’émissions de télévision, de témoignages et de résultats obtenus (en 2006, 3 bacheliers aveugles). Il tente d’infléchir le fonctionnement établi, à savoir se décharger sur les ONG, pour obtenir un partenariat.
Dans les écoles, nous avons vu des enfants épanouis qui, outre les apprentissages scolaires classiques étudient la musique et la danse traditionnelle.Nous avons senti des équipes dynamiques ayant foi en leur mission, soucieuses d’améliorer le fonctionnement et les moyens pour y parvenir (utilisation d’Internet, logiciels et apprentissage de l’anglais).
Nous remercions très sincèrement l’équipe de Krousar Thmey de nous avoir consacré quelques heures pour nous permettre d’appréhender la réalité du monde du handicap au Cambodge."  | | Crédit photo : Georgette B |
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