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je découvre   > UNE PARTIE DE PETITS CHEVAUX INOUBLIABLE
Une partie de petits chevaux
inoubliable
(Février 2006)

Sandrine, une marraine d’exception part
à la rencontre de Sarah, sa filleule béninoise.

Après trois quarts d’heure de route goudronnée depuis Cotonou, le véhicule d’Aide et Action entre dans la ville de Ouidah. A quelques centaines de mètres de l’entrée de la ville se situe le bureau d’animation de l’association. C’est là que Sandrine accompagnée de Patricia (responsable du parrainage) retrouve Francis, l’assistant technique qui supervise les actions pour l’école d’Agbanou. Cette école située dans la ville consiste en une grande cour intérieure et des bâtiments de ciment de plain-pied. Comme c’est les vacances, l’école est presque vide, seuls quelques élèves qui suivent les cours de rattrapage de l’été sont là.
La visite est donc de courte durée, le plus important est à venir, avec la réception de la petite équipe par la famille de Sarah, sa filleule.

Au fond d’une grande cour à ciel ouvert, le groupe entre par un portail dans une sorte de rue : des deux côtés d’une étroite allée de sable, deux longs bâtiments se font face. Le groupe est conduit sur la droite dans un grand salon aux murs nus, au sol de ciment et au toit de tôle. Dans un coin, une petite table basse est entourée d’un canapé d’angle et de quelques chaises. L’usage veut que les invités soient accueillis par le cérémonial du verre d’eau, avant toute chose. Ensuite peut commencer la discussion. D’autres boissons font leur apparition : bissap [plante dont on tire un sirop. Voir http://www.jade.sn/bissap/] et coca-cola, le tout accompagné de petits gâteaux secs. Au début, Sarah est relativement timide, elle n’ose pas répondre aux questions et Sandrine, sa marraine, lui propose de parler en fon (langue locale) puis de faire traduire par quelqu’un. Mais Sarah refuse. En réalité, le fon n’est pas sa langue maternelle, elle a dû l’apprendre en revenant au Bénin, après un temps d’exil en Côte d’Ivoire. Et elle parle de toutes façons très bien français.

Sarah est orpheline de père, décédé en 1998 en Côte d’Ivoire où est installée la famille. A cette date, c’est le frère de son père, également sur place, qui prend en charge les enfants et les rapatrie pendant que la mère reste en Côte d’Ivoire, son pays d’origine. La guerre menace et la région n’est plus sûre. Sarah, ses trois sœurs et son frère sont inscrits à l’école dès leur arrivée, dans la commune de Ouidah. Mais l’intégration n’est pas facile : comme ils ne parlent pas le fon en arrivant, les autres enfants se moquent d’eux. Avec le temps et l’apprentissage de cette langue, ça va beaucoup mieux.

Dans la grande pièce, tout le monde s’anime peu à peu. L’équipe d’Aide et Action, bien sûr, mais aussi l’oncle de Sarah, et le directeur de son école. La conversation entre Sandrine et Sarah roule sur l’école, les vacances, la famille…
En parlant des vacances, Sarah avoue qu’elle et ses frères et sœurs jouent souvent au « ludo », un jeu très proche des Petits Chevaux.

Finalement, Sarah va chercher un plateau, l’installe sur une table et le jeu commence. Pendant ce temps, son oncle et le directeur discutent et ceux qui ne jouent pas se transforment en supporters de chacun des trois joueurs : Sarah, Sandrine et Francis. Tous les enfants de la famille observent la scène à l’entrée de la pièce. La luminosité extérieure transforme les enfants en ombres découpées sur le pas de la porte. Ils n’osent pas entrer.
A la fin du jeu, il est déjà temps de repartir. Aujourd’hui, Sarah passe en CM2, première de sa classe. Elle fait la fierté de sa famille, bien sûr, mais également de sa marraine. Sandrine se sent très proche de sa filleule : elle découvre l’histoire de Sarah pendant la visite et fait le parallèle avec la sienne : d’origine béninoise, émigration de la famille (en France pour Sandrine), perte d’un parent, difficultés d’intégration au Bénin où elle a résidé pendant ses trois années de lycée, puis retour en France pour poursuivre ses études. A 27 ans, elle est aujourd’hui pharmacienne, et le métier qu’a choisi sa filleule Sarah les rapproche encore davantage: elle veut être médecin.

Sur le chemin du retour vers Cotonou, Sandrine revient sur son engagement : « Avant, je donnais ponctuellement, à des associations comme l’Unicef. Puis j’ai eu envie de me responsabiliser davantage, d’aller un peu plus loin que donner une fois de temps. J’ai choisi le domaine de l’éducation parce qu’à mon avis d’une manière générale, l’avenir d’une société passe obligatoirement par l’éducation. Je voulais donner à une association qui se consacre entièrement à cet objectif, j’ai fait des recherches sur internet et Aide et Action m’a plu. J’ai choisi le Bénin, car je suis moi-même d’origine béninoise…s’il n’y avait pas eu de programme au Bénin, j’aurais choisi un pays limitrophe, c’est sûr ! Pour moi, la visite est très enrichissante, je me suis aperçue que Sarah et moi, on avait des points communs en terme d’histoire, ça m’a beaucoup rapproché d’elle. La visite a été courte, mais je reviendrai bientôt, dans trois mois si tout va bien… »


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