En Chine, un grand nombre des 450 millions de femmes dans les zones rurales souffrent de discriminations sociales et économiques. En dépit des lois garantissant l’égalité des genres, les valeurs patriarcales traditionnelles dominent encore. Les familles pauvres décident souvent de ne pas investir leurs maigres ressources dans l’éducation de leurs filles. Pour permettre à ces dernières d’exercer –même tardivement – leur droit à l’éducation, Aide et Action développe un programme d’alphabétisation fonctionnelle des femmes dans le Sichouan (centre de la Chine).
Sur les 1,5 millions d’habitants que compte la région de Mopti (Mali), 7 hommes sur 10 et 9 femmes sur 10 ne savent ni lire, ni écrire. Un an après le lancement d’un ambitieux programme d’alphabétisation dans la région, Aide et Action organisait cet été, à Mopti, un premier atelier-bilan. Une vingtaine de centres d’alphabétisation ont été construits ou équipés, permettant de donner à 800 personnes les bases de l’éducation. Parmi eux, Ali, 18 ans, qui, il y a quelques mois encore n’était jamais allé à l’école. Il sait aujourd’hui lire, écrire et vient d’être nommé gérant d’un atelier de recharge de batterie.
En 2009, dans la région des Savanes au Togo, Aide et Action a mené, conjointement avec l’association togolaise Conseil Education Formation et Alphabétisation pour le Bien être Intégral (CEFAB), une campagne d’alphabétisation de quatre mois. Avec l’alphabétisation, l’apprentissage est axé sur les droits successoraux, la scolarisation des filles, le VIH Sida. Les 15 centres d’alphabétisation ont pris en compte 450 jeunes et adultes analphabètes (avec au moins 60% de femmes) de la tranche d’âge comprise entre 15 et 45 ans. Un an plus tard, les résultats sont au rendez-vous : le taux de réussite est globalement de 68%, soit 60% chez les femmes contre 78% pour les hommes.
L’alphabétisation : bien plus qu’apprendre à lire, écrire et compter
Savoir lire et écrire permet de développer une meilleure estime de soi, de participer à la vie démocratique et d’améliorer ses capacités d’adaptation. L’alphabétisation comporte également des bénéfices sociaux (les enfants de parents alphabétisés ont plus de chances que les autres d’accéder à l’éducation) et économique (les femmes alphabétisées développent plus facilement une activité économique leur permettant de mieux subvenir aux besoins de leur famille).
Claire Calosci, directrice générale internationale d’Aide et Action International appelle à la plus grande vigilance pour soutenir les campagnes d’alphabétisation : « Les conséquences de la crise économique actuelle nous montrent une fois de plus que le droit à l’éducation n’est jamais une chose acquise ». Elle poursuit : «Si cette crise remet en question de nombreux progrès effectués, elle constitue également une chance d’investir prioritairement en faveur des secteurs sociaux et des populations les plus fragiles ».