Donner aux Haïtiens les moyens de se soigner et de s’occuper de leurs enfants a été l’une des priorités du projet Nap Vanse (« nouveau départ » en créole) dès les premiers jours. Plus de 5 000 enfants ont reçu des soins et des repas sous les tentes installées sur le campus de l’université Quisqueya (Port-au-Prince), partenaire de l’association. Les enfants ont bénéficié de campagnes de vaccination et de programmes nutritifs grâce à la clinique mobile administrée par le corps enseignant.
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« Pour relever le défi de la reconstruction les Haïtiens ont besoin de garder leurs ressources humaines en Haïti et mobiliser des compétences ailleurs dans le monde. Le partenariat que nous avons depuis ces trois dernières années avec l’équipe haïtienne d’Aide et Action va en ce sens », explique Jacky Lumarque, recteur de l’université de Quisqueya.
Six mois après la catastrophe
Six mois plus tard, la reconstruction a démarré. Tout d’abord, dans leur nouveau bâtiment, étudiants et professeurs de la faculté préparent les prochaines étapes du projet Nap Vanse pour que la population continue d’accéder à des soins physiques et psychologiques, à des campagnes de vaccination ou à des conseils en nutrition. Déjà, Nap Vanse se préoccupe de l’avenir en prévoyant notamment des programmes de sensibilisation pour les 12-18 ans qui vivent dans les camps.
Le retour dans les écoles a rapidement été au cœur des préoccupations des habitants pour retrouver une vie normale avec leurs enfants. Avec le ministère de l’Education nationale et l’université de Quisqueya, un nouveau projet d’école a été développé.
Différent par son approche, il privilégie l’écoute de tous : « nous avons défini notre projet avec la mairie, le conseil du camp de déplacés et un comité de pilotage, en travaillant avec l’université de Quisqueya sur les besoins en éducation des populations rescapées de cette ville », précise Guilaine Bordes, responsable du projet.
Différent aussi dans sa mise en œuvre, souligne Nesmy Manigat, directeur d'Aide et Action Amérique Latine-Caraïbes. « A Léogâne et dans le plateau central haïtien, ce nouveau projet propose, outre un programme scolaire plus adapté, des pédagogies plus actives, un espace de jeu sécurisé (la cour de récréation !) et – à Léogâne - des écoles ouvertes sur un côté de leurs salles de classes. Ainsi, les enfants et leurs parents sont rassurés : cela leur évite la crainte de revenir dans un bâtiment « en dur » et facilite la circulation d’air nécessaire dans un environnement aussi chaud et humide. Enfin, nous appuyons la création de gouvernements scolaires pour que les enfants participent pleinement à la vie de leur école».
Et les élèves autant que leurs professeurs ont adopté ce nouveau projet « Avec le gouvernement scolaire, l’école change et nous changeons l’école ». Qu’ils viennent du président Patrick, élève de 5e année fondamentale (l’équivalent de notre CM2) ou de la ministre de la Santé publique, Fidéline 11 ans, les mots ne varient guère. La mise en place d’un gouvernement scolaire dans leur école a changé leur monde.
Depuis mai, à Léogâne (ouest de Port-au-Prince), plus de 1 600 enfants sont scolarisés dans une quarantaine de salles de classes réparties sur cinq sites. Ils seront plus de 3 000 à terme. Elles fonctionnent déjà 5 jours par semaine, jusqu’à la fin de l’année scolaire en août prochain, sur un principe de demi-journées. Une école procure les cours à des élèves le matin, une autre l’après-midi. C’est en quelque sorte, deux écoles en une.
« Permettre aux Haïtiens de reconstruire leur pays en changeant l’école, voilà bien le sens de notre mission », conclut Nesmy Manigat.