Les femmes sont aujourd’hui les principales victimes de la crise qui s'ajoute à une situation déjà fragile. Fréquemment condamnées à des métiers précaires ou au chômage, encore souvent analphabètes en raison d’un faible accès à l’éducation, les femmes dans le monde sont les premières touchées par les destructions d’emplois, la baisse des revenus, l'inflation des prix…
La crise a un impact accru sur leur bien être, leur santé ainsi que sur celle de leurs familles et enfants. En l'absence de politiques volontaristes les femmes pourraient perdre les quelques avantages socio-économiques acquis au fil des années et notamment l'accès aux microcrédits dont elles sont les principales bénéficiaires, et l’éducation. «Alors que l’ampleur de la crise est encore difficile à mesurer, on s’attend à ce que les femmes et jeunes filles des pays développés et en développement soient particulièrement affectées par (…) le chômage, l’augmentation des responsabilités au travail et à la maison, la réduction des revenus et l’augmentation éventuelle de la violence sociétale et conjugale», déclare l’ONU.
Investir dans l’éducation pour sortir de la crise
Pourtant, chaque année d’étude supplémentaire augmente le PIB par habitant de 4% à 6% rappelle l'Unesco. Grâce à l'éducation, au cours des dix dernières années, le sort des femmes dans le monde a progressé et peut encore s'améliorer pour le bien de tous. « Il ne faut pas considérer les femmes comme des victimes, elles peuvent être facteurs de changements. En les considérant comme des acteurs économiques et en consentant un investissement à leur égard, on opte pour un moyen judicieux de reconstruire les économies du monde », explique Mayra Buvinic, Directrice sectorielle pour la parité homme-femme à la Banque Mondiale. Aide et Action, qui souscrit à cette perspective, a choisi de ne plus seulement lutter contre la pauvreté des femmes, mais de se mobiliser pour leur croissance économique. « Nos actions doivent être ciblées, il faut trouver les niches de développement les plus rentables pour les femmes », insiste Claire Calosci, Directrice Générale d’Aide et Action International. Pour contribuer à cet objectif et soutenir l’éducation, plusieurs programmes ont été développés par l'ONG notamment en Afrique Subsaharienne pour augmenter la scolarisation des filles. Au Niger, Aide et Action a initié un projet de construction de classes, de garderies, de cantines et de dortoirs pour les filles. Avec des partenaires comme l’Agence Française de Développement, l’association a également développé des programmes d’alphabétisation. A ce jour, 750 filles en ont bénéficié dans le département de Filingué (Niger). La disparité qui existait encore entre les filles et les garçons dans les écoles de la région - 37% de filles scolarisées contre 65% de garçons en 2006 - s’est inversée. Elle était en 2007 de 54% pour les filles.
En République dominicaine, les filles s’occupent des tâches ménagères et de la surveillance des enfants. Ce rôle les empêche d’aller à l’école. Elles transmettent ce modèle à leurs enfants, créant une reproduction sans fin d’un modèle qui les condamne. Depuis novembre 2009, Aide et Action et la Fondation Orange République dominicaine mènent le projet « Ton avenir est à l’école ». Le but : aider près de 300 jeunes filles et mères à réintégrer le système scolaire par la construction d’une garderie communautaire pour accueillir leurs enfants, frères ou sœurs.
A l’occasion du 8 mars, Journée Internationale des Femmes, Aide et Action réaffirme son engagement pour l’éducation des filles et des femmes et poursuivra ses actions de terrain afin qu’elles y accèdent davantage et qu’elles soient mieux armées pour changer le monde.