La ministre dominicaine de l’Education supérieure, des sciences et de la technologie, Ligia Amada Melo de Cordona, s’est rendue à Port-au-Prince lundi 8 février, pour évaluer les possibilités de coopération en faveur de la reconstruction du système d’éducation haïtien, suite au séisme du 12 janvier. Accompagnée par une délégation de recteurs, universitaires et experts en éducation, elle a été reçue par le président haïtien René Préval, le premier ministre, le ministre de l’éducation haïtienne et les dirigeants des universités haïtiennes. Parmi eux, Nesmy Manigat, Directeur d’Aide et Action Amérique Latine et Caraïbes. Ce dernier, intervenant au titre de membre permanent de la "Commission de l’Enseignement supérieur dominicain pour la reconstruction du système éducatif haïtien", a pris part à la rencontre entre les ministres et les recteurs des deux pays afin d’établir au plus vite un plan de travail commun. “De la part des institutions haïtiennes et dominicaines, c’est une grande preuve de confiance et la reconnaissance du travail accompli depuis 2006 par Aide et Action entre les deux pays”, précise Nesmy Manigat.
Depuis 2006 en effet, Aide et Action, ONG de développement par l’éducation, travaille sur un projet de coopération entre les universités dominicaines et haïtiennes. Lundi 8 février, la ministre Melo de Cardona a annoncé que les étudiants haïtiens pourraient être accueillis dans les universités dominicaines de manière à continuer leurs études. La priorité pour le gouvernement haïtien reste néanmoins de leur offrir la possibilité de les terminer dans le pays. Les participants ont donc décidé de créer un Forum International des Universités pour collecter des fonds et démarrer au plus tôt la reconstruction des bâtiments. Sur proposition du président René Préval, la commission élargirait son initiative à tout le secteur éducatif au-delà de l'éducation supérieure.
Depuis le séisme, l’association fortement mobilisée, s’est engagée pour participer à la reconstruction de l’ensemble du système éducatif : elle effectue déjà le recensement des écoles détruites à Port-au-Prince et réoriente ses projets pour organiser le plus rapidement possible le retour à l’école des enfants victimes du séisme. « Il ne s’agit pas seulement de retourner à l’école pour rattraper le temps perdu et de terminer l’année scolaire. Ce qui compte pour ces enfants et pour leurs parents c’est de retrouver au plus vite une vie normale. Dans ce contexte, réorganiser une vie scolaire est notre priorité », explique Lucette Willerval, responsable de l’urgence et post-urgence à Aide et Action.
L’association, qui avait déjà lancé des programmes d’urgence et de post-urgence suite aux cyclones de 2004 et 2008, a d’ores et déjà lancé le programme « Nap Vanse » (« nouveau départ » en créole), un projet de post-urgence qui proposera aux populations qui ont tout perdu un hébergement temporaire avec prise en charge éducative des plus jeunes.