L'éducation à Madagascar et dans l'espace Océan Indien
Le rapport mondial de l’Education Pour Tous 2009 de l’UNESCO fait état de progrès spectaculaires à Madagascar où le taux national de scolarisation a atteint plus de 90%. Toutefois, un recul en matière d’achèvement des études est notable avec moins de la moitié des enfants scolarisés qui atteignent la dernière année du primaire : si le taux net de scolarisation a progressé de 62% à 95%, entre 1999 et 2006, le taux de survie a chuté de 52% à 35% sur la même période. Le taux d'achèvement est très variable, de 87% en Analamanga, région autour de la Capitale Antananarivo, à 23% dans l'Androy, région aride du Sud ou 19% dans la région Analanjirôfo, dans l'Est de l'île. L’UNESCO enregistre des niveaux très élevés d’interruption des études durant les premières années du primaire.
Des besoins considérables ont été identifiés notamment au niveau du nombre et de la qualification des enseignants. Les enseignants recrutés localement n’ont aucune formation pédagogique initiale et sont souvent de formation académique inférieure au baccalauréat. Pourtant, ils constituent en moyenne la moitié des maîtres dans les zones d’intervention d’Aide et Action, allant jusqu’à près de 70% dans certains districts.
A cela, s’ajoutent d’autres limites pédagogiques liées à de forts effectifs d’effectifs scolaires telles que la pratique des classes multigrades. Un maître d’école est souvent en charge de deux classes de différents niveaux, voire trois ou quatre dans les localités les plus défavorisées : si la norme officielle est de 40 élèves par classe, la réalité fait état de 58 élèves par classe dans le Menabe voire de 85 dans la SAVA (chiffres BE).
Aide et Action s'applique également à dynamiser une société civile dont l'engagement pour la cause de l'éducation se réduit aux différentes célébrations (CME, JME, mois de l'enfance). La démocratie reste imparfaite en raison d’une méconnaissance de leurs droits par les acteurs locaux, de l'absence de culture politique de la gestion décentralisée, d'une faible appropriation citoyenne, d’un manque de civisme, et de taux d’analphabétisme importants. Autant d'obstacles à la bonne gouvernance et au développement du pays.
La crise politique, qui a éclaté en janvier 2009, a fait une centaine de morts et causé des dégâts considérables, qui ne sont pas sans impact sur les opérations d’Aide et Action. La répétition cyclique (1972, 1991, 2002, 2009) de ces crises politiques justifie la pertinence du choix d’Aide et Action d’un appui envers l’éducation à la paix et à la citoyenneté, ainsi que la nécessité de l'émergence d’une société civile plus forte et crédible.