Plus de 3000 personnes auraient contracté le choléra dans le Nord d’Haïti. La maladie, principalement due à l’ingestion d’aliments ou d’eau insalubres, aurait déjà fait près de 300 victimes et semblerait liée aux conditions difficiles dans lesquelles la population subsiste depuis le séisme du 12 janvier.
Les autorités haïtiennes, assistées par l’ONU, organisent en ce moment la distribution de médicaments pour prévenir la propagation de la maladie mais il est à craindre que l’épidémie ne gagne la capitale de Port-au-Prince. « Plus d’un million de gens vivent encore sous des tentes près d’un an après le séisme. La ville est toujours sous les gravats, on estime qu’il faudrait plus de 100 camions par jour pendant deux ans pour tout déblayer », explique Alain-George Bangoura, Responsable de l’équipe d’Aide et Action à Haïti. A vivre à même le sol, à proximité des déchets, sans possibilité d’avoir le minimum d’hygiène, les populations de Port-au-Prince risquent en effet d’être touchées par l’épidémie.
Conditions de vie insalubres
Une situation contre laquelle Nesmy Manigat, Directeur d’Aide et Action Amérique-Latine Caraïbes, mettait déjà en garde en avril 2010 dans une tribune publiée sur le site youphil.com. « Doit-on continuer avec cette politique qui consiste à vouloir distribuer à un million de sans abris ces tentes en plastique qui ne sont d’aucune utilité pour la saison des pluies et en cas d’inondation? La question devient plus critique quant on sait que la plupart de ces lieux n’offre aucune possibilité pour des travaux sérieux d’assainissement, de curage, voire de gestion de déchets. Sans compter la grande promiscuité qui expose particulièrement les femmes et les enfants à toutes sortes de danger et de maladies contagieuses » . Autant de questions auxquelles il semble désormais urgent de répondre.