« En Afrique, la plupart des parents sont agriculteurs, les ménages vivent de la culture. Mais depuis plusieurs années, c’est la sécheresse. Moins d’eau, cela veut dire, moins de culture et donc moins d’argent pour les familles. Dans ce cas, elles préfèrent utiliser l’argent qu’elles ont pour manger plutôt que d’envoyer leurs enfants à l’école », explique Khadre N’Diaye, Chargé des Dynamiques solidaires à l'International à Aide et Action Afrique de l'ouest. Que ce soit en Afrique, en inde ou en Asie, de nombreuses familles n’hésitent pas à envoyer leurs enfants au travail pour contribuer aux maigres ressources du foyer.
Pour Aide et Action, mobilisée pour développer l’accès de tous à une éducation de qualité, lutter contre le travail des enfants passe bien sûr par un travail de prévention et de sensibilisation. A Madagascar un programme de lutte contre les pires formes de travail des enfants a été mené au cours des deux dernières années. Dans ce pays où 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté, un enfant sur trois, entre 7 et 17 ans, travaille. Et les trois quarts le font dans des conditions très dures : exploitation sexuelle, mendicité, travaux dans les carrières et les mines, dans l’agriculture et la filière du coton en particulier.
Le programme mis en place par Aide et Action en mars 2008 a permis en un an seulement de sensibiliser plus de 1100 enfants et familles à l’importance de l’éducation. Des soutiens psychologiques et des formations pré-professionnelles ont été proposés aux enfants pour leur permettre de quitter le monde du travail clandestin tout en retrouvant au plus vite un salaire indispensable à la survie de la famille. Dans le cadre de ce programme, un programme de sensibilisation a également été lancé auprès des employeurs, des syndicats, des autorités pour les convaincre de l’importance de la scolarisation. Près de 5000 dépliants ont été distribués et 45 employeurs ont accepté de signer un document les engageant à favoriser la scolarisation de tous.
Etudier pour un vrai travail
En Inde, l’association développe depuis plusieurs années des centres i-ldead qui permettent à de jeunes gens déscolarisés de bénéficier d’une formation professionnelle dans le domaine de leur choix : couture, mécanique, cosmétique…Mais malgré les efforts de sensibilisation et de prévention, certains exploitants peu scrupuleux n’hésitent pas à kidnapper et à mettre au travail les enfants de migrants, notamment sur les carrières de briques.
Ces derniers, au nombre de 6 millions aujourd’hui, restent encore largement exclus des recensements, administrations et autres réseaux d’éducation. Ils restent de fait une cible de choix pour les organisations mafieuses. Cette année, le Centre de Ressources et d’Information sur les migrants (MiRC), un organisme lancé en Inde par Aide et Action Asie du Sud pour améliorer l’éducation de ces populations nomades, a permis de sauver cinq enfants de l’exploitation et de démanteler une organisation spécialisée dans le trafic d’enfants. « Nous avons fait appel à un traducteur pour comprendre le dialecte des enfants kidnappés. Nous avons pu partager les détails de l’histoire avec la juridiction de Rayagada », raconte Umi Daniel, membre du MiRC. « les enfants ont été ramenés sains et saufs dans leurs familles et les kidnappeurs ont été arrêtés ».