Six mois après le séisme qui a dévasté Port-au-Prince, plus d’un million de personnes vivent toujours sous des tentes. Si les urgences liées au séisme ont diminué, la population haïtienne, blessée, traumatisée et affaiblie par des mois de calvaire, a plus que jamais besoin de soins physiques et psychologiques. « Les abris provisoires qui avaient été mis en place sont désormais hors d’état, les médicaments font encore défauts et avec la saison des pluies qui approchent, la situation sanitaire risque encore de se dégrader », explique Nesmy Manigat, Directeur Aide et Action Amérique latine Caraïbes. Dans ce contexte, Aide et Action réfléchit à la construction d’une clinique en semi-dur qui permettrait aux enfants et à leurs mères d’être soignés par tous les temps.
Au lendemain du séisme, Aide et Action avait déjà mobilisé des centaines de médecins et étudiants dans le secteur de la santé à titre de volontaires. Ces derniers, présents sur les camp de réfugiés Nap Vanse, mis en place en partenariat avec l’Université de Quisqueya, avaient déjà pu prodiguer des soins au pire moment de la catastrophe. Douze tentes avaient notamment été installées sur le site principal de l’Université de Quisqueya pour permettre aux familles de venir consulter. Une clinique mobile, capable d’aller à la rencontre des réfugiés, avait également été créée. « Mais sa capacité est aujourd’hui trop limitée, les tentes, elles, sont devenues inefficaces. Les conditions d’accueil sont critiques et surtout les enfants ne peuvent plus fréquenter la clinique les jours de pluie », poursuit Nesmy Manigat.
Des projets urgents pour reconstuire
Depuis plusieurs mois, les familles, déjà très pauvres, ont vu leurs conditions de vie se dégrader. Beaucoup souffrent de malnutrition. Les repas chauds distribués aux enfants dans les camps encadrés par Aide et Action n’ont pas été suffisants et il importe aujourd’hui de renforcer au plus vite le dispositif de restauration collective par un programme de nutrition équilibrée. Aide et Action s’est entre autres déjà associée à Restaurants Sans Frontières, une association de conseil, formation, assistance et aide financière pour la création de petites structures de restauration collective dans les pays émergents. Mettre en place une cantine pour distribuer près de 1 000 repas par jour aux enfants de Port-au-Prince est l’une des priorités.
Bien sûr, Aide et Action, ONG spécialisée dans l’éducation, travaille également avec de nombreux enseignants bénévoles pour éviter aux enfants une nouvelle rupture, celle-ci scolaire. Dans un premier temps, Aide et Action a pris en charge les enfants déplacés en leur proposant des activités pédagogiques, puis l’association a participé à la construction de plusieurs écoles en semi-dur. Objectif : permettre aux plus jeunes d’alterner le rythme entre les camps et le retour définitif à l’école. A Léogane, près de Port-au- Prince, où 80% des écoles ont été détruites, plus de 40 salles ont déjà été construites en semi-dur pour près de 3200 enfants. Un premier pas positif comme le note Nesmy Manigat, « mais il s’agit aujourd’hui d’assurer la continuité de la mobilisation. Devant l’ampleur de la tâche, l’engagement des communautés, des partenaires, des donateurs et des bailleurs est essentiel », conclut-il.