«Des dizaines de milliers d’Haïtiens ont perdu la vie, beaucoup sont blessés et le traumatisme mettra du temps à se résorber » explique Alain-Georges Bangoura, responsable d’Aide et Action en Haïti, présent sur les lieux au moment de la catastrophe.
La collecte de l’aide d’urgence a été immédiatement prise en charge par les équipes d’Aide et Action en République dominicaine, qui l’ont ensuite acheminée. L’association a par ailleurs envoyé une équipe médicale (médecins privés médecins issus des universités partenaires) et des médicaments, un équipement pour réaliser des anesthésies, de l’oxygène, etc. Des aliments, des produits de première nécessitéde leau ont été ensuite distribués à Port-au-Prince, sous la supervision des équipes d’Aide et Action Haïti, par des réseaux de volontaires haïtiens. Ces réseaux, formés par des étudiants des universités partenaires, sont chargés d’aider les populations affectées sur différents plans : nourriture, suivi médical et psychologique.
Après l’urgence Pour Aide et Action, la priorité est de reconstruire le système éducatif dans une région où environ 8 000 écoles auraient été touchées par le séisme, selon les chiffres du ministère de l’Education nationale d’Haïti. « Après l’urgence, il est temps de penser au long terme : que faire pour tous ces enfants orphelins ? Que faire pour permettre aux parents de se consacrer à la reconstruction ? Comment remettre sur pied un système éducatif à genoux ? » questionne Alain-Georges Bangoura.
Aide et Action a décidé de se concentrer sur les populations les plus vulnérables, notamment les enfants qui errent par milliers dans la ville dévastée. Aide et Action, en partenariat avec l’Université Quisqueya, intervient auprès des enfants, dans les campements et abris provisoires de Port-au-Prince et de ses environs accueillant des populations dans une situation d’extrême précarité. Ces activités toucheront environ 1000 enfants qui retrouveront un cadre de vie rassurant. Ce projet est dénommé « NAP VANSE », ce qui veut dire « Nouveau départ ». Grâce à ce dispositif, les enfants retrouveront le goût de vivre nécessaire à leur reconstruction. Des activités éducatives et ludiques les aideront à évacuer leur traumatisme. Ils bénéficieront d’un suivi psychologique, de soins et de repas quotidiens. Un des campus de l’Université de Quisqueya sert de pôle de ressource et permet aux volontaires de se réunir et de travailler au plus près des besoins des populations. « L’idée est d’offrir une « journée normale » à ces enfants, en leur offrant une écoute psychologique, un encadrement pour des activités scolaires ou au moins, ludiques » explique Nesmy Manigat, directeur d’Aide et Action Amérique Latine-Caraïbes. « Les enfants peuvent venir seuls ou accompagnés. Les parents peuvent les y laisser pour la journée. Le projet s’est défini au fil des jours, notamment en fonction du contexte et des partenaires, de leurs possibilités… »
En coopération avec la République dominicaine
« Nous avons pu observer une dynamique de solidarité incroyable de la part des Dominicains » explique Lucette Willerval, responsable de la thématique Urgence et Post-Urgence pour Aide et Action. « Cela conforte Aide et Action dans son soutien à une politique binationale pour le développement des deux pays. »
Aide et Action qui impulse, depuis 2006, la coopération entre les deux pays, a initié la visite à Port-au-Prince de la ministre dominicaine de l’Education supérieure, Ligia Amada Melo de Cordona, et d’une commission de recteurs d’universités dominicaines, le 5 février. Venus évaluer les possibilités de coopération en faveur de la reconstruction du système d’éducation en Haïti, ils ont été reçus par le président haïtien René Préval et d’autres acteurs du secteur de l’éducation. Nesmy Manigat, directeur d’Aide et Action Amérique Latine-Caraïbes faisait partie de la commission dominicaine et appuyait le lien entre les autorités dominicaines et haïtiennes. “De la part des institutions haïtiennes et dominicaines, c’est une grande preuve de confiance et la reconnaissance du travail accompli depuis 2006 par Aide et Action entre les deux pays” a précisé ce dernier.
Les résultats de la collecte Montant de l’aide reçue : l'équivalent d'environ 172 700 euros. 50% de nourriture, de boissons et de produits de première nécessité 40% de médicaments 9% d’aide logistique (camions prêtés, hélicoptère pour transporter l’aide médicale, etc.) 1% d’aide financière 47% de cette collecte a été réalisée auprès d’institutions, tandis que 53% était privée. |
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