« A Port-au-Prince, la recherche de survivants a été stoppée. Le nombre de morts et de disparus pourrait atteindre 400.000. Les dégâts psychologiques sont inestimables et resteront longtemps après le séisme, surtout pour les 100,000 enfants qui ont assisté impuissants à la mort de leurs camarades de classes quand les écoles se sont effondrés », estime Alain Bangoura, Responsable d’Aide et Action Haïti. Quasiment un mois après la secousse du 12 janvier 2010, la capitale d’Haïti n’est plus qu’un amas de ruines. Selon le Ministère de l’éducation nationale à Haïti, 5.000 à 8.000 écoles auraient été touchées par le tremblement de terre. Celles situées dans la capitale se sont effondrées, celles qui sont encore debout dans les provinces devront faire face à l’afflux massif des populations qui quittent Port-au-Prince (d’après des chiffres non-officiels, 1 million de personnes aurait déjà quitté la capitale). L’équipe d’Aide et Action Haïti, qui se remet doucement du traumatisme qu’elle a subi, est déjà à pied d’œuvre pour participer à la reconstruction du pays. L’association a notamment été invitée à procéder aux recensements des écoles détruites et des élèves déplacés en vue de définir des pistes de prise en charge.
De l’autre côté de la frontière, l’équipe d’Aide et Action République dominicaine, qui depuis le 12 janvier, collecte et distribue des produits de première nécessité, continue à rechercher des partenaires pour financer les projets de reconstruction mis en place par l’association. « €172 700 de dons, sous forme de boisson, nourriture et médicaments ont été récoltés depuis la catastrophe. Nous avons également bénéficié de prêts de camions ou de téléphones », explique Leonor Aquino, Responsable Ressources et Partenariats à Aide et Action qui est en charge de l’opération « Nap Vanse » (Urgence Séisme) en République dominicaine. Depuis le séisme, cette dernière coordonne les nombreux dons des entreprises, partenaires et donateurs dominicains. Le plus récent : celui de la Banque dominicaine BHD, qui a versé plus de 500 000 pesos à Aide et Action. La banque a également décidé de doubler les dons que ses clients pourraient faire jusqu’au 31 mars pour soutenir les projets de reconstruction d’Aide et Action. L’argent récolté permettra notamment de relancer et de réactualiser les différents projets menés en Haïti et de rénover de nombreuses écoles.
L’état des projets d’Aide et Action en Haïti
Le projet Appui à la décentralisation éducative
Cofinancé par la Commission Européenne, ce projet est situé dans le département du Centre dans les communes de Lascahobas, Belladère et Savanette. Il devait s’achever en juin 2011. Les travaux de rénovation des écoles ont démarré depuis le mois de novembre 2009 et devaient se poursuivre jusqu’en avril 2010. Les formations des maîtres étaient prévues dans la même période. Proche de Port-au-Prince et de la frontière avec la République dominicaine, les communes d’intervention accueillent déjà des populations déplacées. L’inscription de leurs enfants à l’école est un des nouveaux enjeux du projet en 2011.
Le projet Petite enfance
Situé dans les hauteurs de la commune de Paillant (Département des Nippes), il n’a pas été touché par le séisme. Zone potentiellement hors de danger, il accueille déjà des déplacés venus de Carrefour et de Port-au-Prince. Ce projet dans le premier trimestre de cette année devait développer l’expérimentation des garderies communautaires pour les enfants de 1 à 4 ans. L’afflux de population déplacée confirme ce besoin.
Le projet éducation citoyenne
Situé dans le Centre dans les communes de Lascahobas, Savanette et Belladère, ce projet était cofinancé par la Commission de l’Union Européenne locale via le Bureau de l’Ordonnateur National. Il a pris fin au 31 décembre 2009.