« Cette ethnie semi-nomade vivait dans la montagne. Le gouvernement, pour favoriser leur sédentarisation a construit des maisonnettes en briques d’une vingtaine de mètres carrés » raconte Philippe. De ce changement radical de mode de vie, le parrain d’Aide et Action s’inquiète d’une perte progressive d’identité, de culture malgré les paroles rassurantes de madame Vi Thi, directrice de l’école primaire à Dien Tan qui accueille 30 Raglay sur 305 élèves.
Toutefois, il reconnaît que la sédentarisation de ces populations anciennement nomades a des aspects bénéfiques : « les soins et l’école sont gratuits, des points d’eau et des latrines sont aménagés, l’accès à l’électricité est organisé, etc.» Par ailleurs, Philippe pousse la réflexion « dans un pays où l’Etat est omniprésent, les initiatives privées limitées, la société civile non organisée, la création d’associations impossible. » Et le parrain de se demander : « Quelle est la place des associations ? »
Dans le cadre de ce projet au Vietnam, il observe qu’Aide et Action ne joue pas uniquement le rôle de bailleur de fonds. L’association s’est donnée un vrai rôle politique, en dialogue permanent avec les autorités locales quant aux priorités, aux actions à entreprendre, aux innovations à expérimenter… Le projet était, initialement, financé en intégralité par Aide et Action. Il est, aujourd’hui, progressivement financé par les instances locales.
L’association se désengagera peu à peu jusqu’à ce que le projet soit entièrement pris en charge par les instances locales. Philippe constate : « Cette démarche, avec son transfert progressif dans le cadre de la politique locale, est assurément un gage de réussite et une manière de concevoir l’apport d’Aide et Action comme acteur, qui favorise la mise en œuvre de services pour les enfants les plus éloignés du système éducatif, insuffle des initiatives, mobilise les acteurs concernés et ainsi, interpelle sur la manière de répondre à la question : comment promouvoir l’éducation pour Tous ? »