Elles étaient 300 filles, dont 200 à avoir été choisies pour leur performance scolaire et 100 issues de familles défavorisées, à attendre leurs bourses dans la cour de l’école Thierno Souhaibou Souaré. Chacune a reçu un kit scolaire d’une valeur de 25 000 FCFA, soit environ 38 euros.
« Pour permettre aux enfants d’aller à l’école dans les meilleures conditions, dans une région comme Kolda où beaucoup de parents sont chômeurs ou ne survivent que grâce à l’agriculture, donner des bourses sous forme de fournitures scolaires, constituent une réelle bouffée d’oxygène pour les familles » explique Hamidou Soukouna d’Aide et Action au Sénégal.
En partenariat avec la Fondation Sonatel (Orange Sénégal), Aide et Action mène depuis 2004, ce projet d’appui à la scolarisation des filles, dans le département de Vélingara. Outre le versement de bourses aux étudiantes, des campagnes de sensibilisation sont menées pour informer les populations de l’importance de l’éducation des femmes et des filles. Dans ce cadre, les enseignantes sont fortement sollicitées. « Les enseignantes représentent un modèle de réussite pour les fillettes et leurs parents, un modèle à suivre. » poursuit Hamidou Soukouna. « Elles montrent que les femmes ne sont pas condamnées à être cantonnées aux tâches domestiques, qu’elles peuvent elles aussi exercer un métier. La présence d’enseignantes permet aussi de lever certaines résistances à la scolarisation des filles, le sentiment de certains parents que l’école n’est pas un milieu favorable ou sûr pour les filles, si les professeurs sont des hommes. »
La problématique de l’éducation des femmes et des filles est particulièrement importante dans cette région enclavée qui enregistre un taux de pauvreté de 57, 8 % contre 32,7% au niveau national. « La scolarisation des filles reste gangrénée par des freins qui ont pour noms : mariages et grossesses précoces, violences faites aux filles dans l’espace scolaire et communautaire... » explique Hamidou Soukouna. Des obstacles qui entraînent aussi une scolarisation tardive des filles en raison de grossesses et de mariages forcés.
Ainsi, Aide et Action et ses partenaires locaux poursuivent leur action pour faire de l’éducation pour toutes et tous une réalité dans les régions les plus reculées d’Afrique.