Aux portes de Chennai, s'étendent une cinquantaine de bidonvilles construits aux alentours des chantiers de la ville. Dans ces maisons de fortune, vivent environ 20 000 membres de la communauté Telugu. Ce sont des paysans sans terre appartenant aux castes les plus basses d’Inde. Ils ont quitté leurs régions natales pour trouver un emploi précaire, pour la plupart, dans le secteur du bâtiment.
Parce qu’ils vivent dans des conditions difficiles, les parents Telugus ont tendance à délaisser la scolarité de leurs enfants. « Quand ils arrivent, leurs enfants les accompagnent et perdent beaucoup dans leurs parcours scolaire. » expliquait K. Sivagami, manager régional d’Aide et Action à un journaliste du Times of India en juillet 2009.* Parce qu’elles sont sans cesse en mouvement, ces populations sont rarement reprises dans les registres nationaux. Sans existence officielle, elles ne peuvent bénéficier de leurs droits fondamentaux et notamment, pour les enfants, de celui de l’éducation. De plus, dans les écoles du Tamil Nadu, on enseigne dans la langue officielle, le Tamil et non le Telugu.
En 2006, Aide et Action Asie du Sud a ouvert un programme destiné à ces migrants indiens, projet qui se poursuit de 2009 à 2011. Ainsi, K. Sivagami explique : « Nous envoyons nos professeurs dans ces enclaves où vivent les ouvriers du bâtiment. Ils évaluent le niveau scolaire des enfants – certains ont interrompu leur scolarité tandis que d’autres n’en ont jamais reçu – et ils forment les enfants en fonction de leur niveau. »
En soutenant la création d’ « écoles-relais », Aide et Action vise à poursuivre l’enseignement des enfants Telugus pendant la durée de leur séjour à Chennai. L’objectif est d’apprendre aux enfants à lire et à écrire mais aussi à suivre le programme scolaire officiel adapté dans leur langue. « Quand ces travailleurs retournent dans leurs villages, les enfants peuvent poursuivre leur scolarisation. » ajoute M. Bosgo, manager du projet Arumbu et les migrants Telugus.
A terme du projet, près de 3 000 enfants de 21 sites dans le district de Kancheepuram seront concernés par cette prise en charge scolaire. Ils pourront participer à des activités sportives, culturelles, artistiques, artisanales ou de yoga indispensables à leur épanouissement. Ils suivront également des cours de mathématiques, d’anglais et de culture qui leur permettront, plus tard, de rejoindre les bancs de l’école officielle.