Ils sont ouvriers des routes, camionneurs, coxeurs*, vendeuses ambulantes, enfants de migrants ou prostituées… Le long des routes de Bamako à Labbézanga, de l’est à l’ouest du pays, le risque d’infection au VIH/Sida est énorme. Ces groupes à risque sont à même de transmettre le virus le long des voies qu’ils empruntent. Et par leurs déplacements, ils risquent aussi de le propager au reste du pays. On les appelle en Afrique les « groupes passerelles ».
Les ravages du VIH/Sida en Afrique En Afrique, 22 millions de personnes sont séropositives. Au Mali, on estime à 100 000 le nombre de personnes atteintes de la maladie et à 5 800 le nombre de personnes décédées des suites du VIH/Sida en 2007. Aide et Action prévient le fléau du VIH/Sida par la voie privilégiée de l’éducation. |
Ce sont ces personnes particulièrement exposées aux risques du VIH/Sida qu’Aide et Action a choisi de soutenir en partenariat avec la Communauté Européenne et le Fonds Européen de développement. Des dizaines de sessions de formation et de sensibilisation des populations ont été assurées pour rompre la chaîne de transmission du VIH/Sida.
« Des outils pédagogiques adaptés aux différents contextes culturels locaux expliquent la réussite du programme » souligne Claire Calosci, Directrice Générale Internationale d’Aide et Action.
En Afrique, il ne suffit pas de distribuer des préservatifs pour rompre la chaîne de transmission du VIH/Sida. Le virus se propage, non seulement en raison des mouvements de populations mais surtout et à la base, en raison d’un manque d’information sur les mesures de prévention couplé à des comportements sexuels « à risque ».
Pour former et sensibiliser les animateurs qui porteront le message auprès des populations, Aide et Action s’est donnée pour mission une lutte adaptée aux spécificités culturelles. Il s’agit d’aller au-delà des tabous et de combattre les préjugés. Une barrière à franchir naît de la confusion entre croyances culturelles et savoirs scientifiques.
De 2007 à 2009, Aide et Action, en partenariat avec une dizaine d’ONG, a contribué à l’éducation des populations maliennes sur les modes de transmission de la maladie. Bilan : plus de 350 000 personnes, dont 42% de femmes ont été sensibilisées aux mesures de prévention et de dépistage. Des événements de sensibilisation ont été organisés : projections de vidéos, distribution de préservatifs, conférences et débats, jeux-concours, communication de masse à travers les radios locales, les télévisions et la presse écrite.
Fidèle à sa démarche, Aide et Action s’est retirée en juin 2009 pour permettre aux populations et associations maliennes de poursuivre les campagnes de sensibilisation et de prévention du VIH/Sida.
* Coxeurs : personnes qui attirent la clientèle le long des routes pour louer des voitures ou des taxis