Fabrice et Leila, deux lycéens finalistes en 2007, nous racontent leur expérience
Fabrice CORLET, 17 ans, lycée Voltaire à Orléans, lauréat 2007
« Les soldats de coton »

« Mon désir de défendre ces enfants soldats devait à tout prix transparaître dans ma plaidoirie.
C'est drôle à dire mais c'est un peu par hasard que j'en suis arrivé à participer aux concours de plaidoiries. Tout a commencé par un reportage sur les enfants soldats que j'ai vu à l'âge de 9 ans. J'ai été secoué, choqué par les images, les témoignages de ces « petits » combattants maltraités, mal nourris, drogués, et qui ont pour la plupart tous déjà tué. Toute cette violence a cristallisé mon envie de dénoncer leur sort. Mais comment faire ? Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai lu un article sur le concours de plaidoiries des lycéens pour les droits de l'homme. Sensibiliser, convaincre et défendre la cause des enfants soldats par une plaidoirie, l'idée me convenait, l'exercice était utile. Je me suis inscrit et j'ai commencé à écrire. Mon initiative était personnelle mais j'ai décidé de me rapprocher de la rédactrice en chef du journal de mon lycée, Mme Lemoine. Une chose est sure, j'avais frappé à la bonne porte. Elle m'a beaucoup soutenu. D'un commun accord avec elle, je n'ai pas beaucoup répété. Je voulais être le plus naturel possible. Mon envie, ma spontanéité, mon désir de défendre ces enfants soldats devait à tout prix transparaître dans ma plaidoirie. Cà ne devait pas se transformer en exercice scolaire trop répété, trop structuré et finalement peu convainquant.
J'espère qu'à mon échelle j'ai pu faire avancer un tout petit peu la cause de ses «soldats de cotons ». A mes yeux, c'est important de sans cesse rappeler que ces enfants ont été privés de ce qui est certainement la chose la plus précieuse pour un être humain : leur enfance. »
> Télécharger la plaidoirie « Les soldats de coton » (PDF)
Leila NJEE, 15 ans ½ du lycée Michelet à Marseille, finaliste 2007
«Filles sans bancs mises au ban »

« J'ai connu l'existence du Concours de plaidoiries dans mon lycée. Il y avait des affiches et on nous a proposé une réunion d'information. Je connaissais le concours de toute façon car j'y avais déjà participé l'année dernière.
Ma démarche est personnelle. Les professeurs m'ont aidé à m'entrainer pour l'oral mais pour le reste, je me suis débrouillée. Je pensais à un sujet autour de l'analphabétisme ; et en faisant mes recherches, sur Internet, je me suis orientée vers la scolarisation des filles. J'ai lu des témoignages de jeunes filles qui aimeraient aller à l'école pour sortir de la misère mais elles ne peuvent pas car elles ont d'autres tàches. Et puis, parce que je suis une fille, ça m'a touché. J'ai essayé d'imaginer ce que je serai si je n'allais pas à l'école.
Ce concours est une chance de prendre la parole pendant 10 minutes. Personne ne nous coupe. C'est beaucoup d'heures de travail mais ça en vaut la peine. Moi, je suis spontanée, j'ai envoyé mon résumé de plaidoirie et presque oublié que je l'avais fait ! Je peux comprendre que certains aient peur. Mais 10 minutes à l'oral pour s'exprimer, c'est que du bonheur. Il faut en profiter.
A l'entrée sur scène, j'ai ressenti du stress, une montée d'adrénaline. Mais c'est bon de se sentir entendue. Maintenant, je me sens légère et fière. »
> Télécharger la plaidoirie « Filles sans bancs mises au ban » (PDF)